Retour d’expérience : KONE

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Il y a quelques jours se tenait à Las Vegas le plus grand salon annuel des nouveautés high-tech, le CES 2015. Au programme : réalité virtuelle, drones, IoT et voiture intelligente. L’innovation est partout et les entreprises auront un rôle central dans l’adoption de ces technologies. La gestion de flotte dans sa globalité doit donc innover pour s’adapter et offrir de nouvelles solutions.

Dans ce cadre, nous avons souhaité interviewer Patrick Beyer, Directeur des Achats Indirects depuis 12 ans chez  KONE France afin de recueillir sa vision de la gestion de flotte et son évolution future. Il est à noter que Patrick Beyer exerce également depuis 6 ans, la fonction supplémentaire de Senior Sourcing Advisor au niveau de KONE International en plus de ses fonctions françaises.

Bonjour Patrick, et merci pour votre partage d’expérience aujourd’hui. Pouvez-vous nous présenter en quelques mots l’entreprise KONE ?

 

KONE est une entreprise Finlandaise de renommée mondiale fabriquant et maintenant  des ascenseurs et des escaliers mécaniques. Avec un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros en 2013, KONE se place en tant que deuxième opérateur mondial d’installateur d’ascenseurs neufs. Pour soutenir et développer son activité, KONE emploie 43.000 personnes à travers le monde et applique une stratégie visionnaire portée sur l’innovation.

L’entreprise a d’ailleurs été classée en 2013 par le magazine économique Américain Forbes, à la  37ème position au top 50 des entreprises mondiales les plus innovantes  ou encore à été la première entreprise d’ascenseurs à recevoir la certification « Label A » pour l’éco efficience de ses ascenseurs qui depuis, est devenu le référentiel en Europe (« Energy efficiency certification VDI 4707). Avec plus de 3000 brevets, KONE se positionne comme le moteur de l’innovation dans le secteur avec notamment des ascenseurs consommant 70% d’énergie en moins par rapport à ceux de certains autres opérateurs.

En quoi consiste votre rôle de Senior Sourcing Advisor ?

 

Je suis en charge de l’ensemble des achats hors production, qui vont de la gestion immobilière à la gestion de la téléphonie mobile, en passant par la gestion de flotte. Mon rôle consiste donc à gérer les dépenses et optimiser les coûts fixes, variables, directs et indirects de l’entreprise à l’échelle internationale.

Pour vous donner une échelle, la flotte totale représente à elle seule 14.000 véhicules (dont 2805 actifs en France) et aura pesé pour la France en 2013, pour plus d’un tiers des frais de fonctionnement  de l’entreprise.

Comment a évolué votre activité depuis votre prise de fonction chez KONE ?

 

Lorsque j’ai pris la responsabilité du parc auto chez KONE France, la gestion de flotte se limitait à un suivi comptable des véhicules et de la dépense globale du parc. Je me suis attelé à la  mise en place d’une nouvelle gestion de A à Z en essayant de me poser les bonnes questions : «Quelle est la dimension de flotte la plus adaptée ? », « Quel serait le véhicule adéquat pour chaque type de métier ? » « Quels sont les coûts non prédictifs du parc et comment les éviter? ». J’estime posséder aujourd’hui une bonne vision de l’ensemble des coûts de la flotte grâce à une gestion poussée basée sur des indicateurs de performance (KPI). Il y a encore de la marge pour trouver de nouvelles solutions et en diminuer les coûts associés.

Aujourd’hui, qu’attendez-vous d’un logiciel de gestion de flotte ?

 

Un bon outil de gestion de flotte doit pouvoir offrir une vision totale des coûts directs et indirects tant aux managers qu’aux collaborateurs. C’est pourquoi un logiciel de gestion de flotte doit aujourd’hui être avant tout un outil collaboratif et communicant. Je pense également à la possibilité de suivre les coûts par collaborateur pour son activité de service au quotidien (et non pas seulement un coût lié à l’utilisation du seul véhicule), ce qui me paraît indispensable.

Quelle place tiennent la BI et les KPI dans votre gestion ? Que recommanderiez-vous à d’autres gestionnaires qui envisageraient d’en mettre en place ?

 

Les KPI sont l’élément clé de toute bonne gestion. La connaissance des chiffres et leurs comparaisons sont devenus des outils majeurs et doivent faire partie intégrante du processus décisionnaire. Cependant il faut aller plus loin que le simple premier niveau de KPI générique afin de prendre en compte également les coûts cachés. J’ai moi-même mis en place un système de KPI à 3 niveaux pour une analyse « Top-Down » : coût annuel du véhicule, les différents coûts associés (carburant, loyer, assurance, etc.) et enfin l’individu (le conducteur). Ainsi, j’ai assez de visibilité pour savoir à quels niveaux sont cachés les coûts et donc agir plus précisément et efficacement.

Mon expérience m’a également appris qu’il fallait pousser plus loin l’analyse du TCO. « Comment faire évoluer le TCO avec le comportement du conducteur ? », « Quels pourraient être les coûts cachés et non prédictifs de ma flotte ? ». C’est en visant toujours plus loin qu’on en arrive à se poser les bonnes questions.

Quelle place tient l’innovation dans votre métier en tant que Senior Sourcing Advisor ?

 

L’innovation, le leadership, le « think out of the box » sont des valeurs essentielles dans mon métier. Il faut toujours essayer de voir les choses différemment dès lors que l’impact peut-être important, c’est encore plus vrai en période d’économie difficile. Aujourd’hui, je considère que le métier des acheteurs s’est considérablement professionnalisé et que les négociations avec les fournisseurs sont arrivées à un niveau de « Win-Win » mature qu’il est de plus en plus difficile d’améliorer. Les économies supplémentaires  à trouver sont donc aujourd’hui chez nous et  plus seulement chez les fournisseurs.

L’avancée technologique ne cesse de progresser. Comment pensez-vous que celle-ci influence la gestion de flotte ?

 

Nous sommes en plein dedans ! La technologie pousse les solutions à se tourner vers l’ensemble des utilisateurs (des collaborateurs aux managers). Elle permet également un gain de temps et une plus grande précision dans la remontée de données grâce aux nouveaux objets connectés. Mais surtout, le plus grand apport de la technologie est sans hésitation l’automatisation des tâches sans valeur ajoutée (tâches administratives en particulier) du gestionnaire et de l’utilisateur final.  C’est ce qui m’a poussé à collaborer avec Delta Tech autour de son nouveau logiciel, qui tirera parti de ces nouvelles technologies afin de proposer une solution adaptée aux nouveaux besoins de l’optimisation des coûts hors production d’une entreprise.

Quel est l’impact sur le rôle du gestionnaire du parc ?

 

La technologie va permettre de faire monter en compétence le gestionnaire de parc en lui donnant des fonctions beaucoup plus tactiques et stratégiques au détriment  de ses activités jusque-là purement opérationnelles. L’intervention humaine dans les tâches administratives et opérationnelles va diminuer tandis que le gestionnaire se chargera d’analyser sa flotte avec une vision plus globale et mettra en place et contrôlera des plans d’actions ciblés en vue d’en optimiser l’efficience.

Quelle est votre vision du logiciel de gestion de flotte de demain?

 

J’imagine les solutions de gestion de flottes de demain comme des outils offrant une visibilité à 360°  des coûts prédictifs et non prédictifs, qui ne se limiteront plus à la gestion de flotte de véhicules. Ils devront pouvoir intégrer de nouveaux matériels ou autres postes de frais fixes et variables dont tout gestionnaire doit pouvoir en améliorer la performance économique.

D’autre part, les améliorations des efficiences opérationnelles de demain  vont toutes être portées par des solutions mobiles permettant l’accès aux informations en temps réel. Ces solutions vont générer une augmentation rapide et exponentielle des dépenses de télécommunications toutes catégories confondues à savoir : R&D, hardware, software, coûts de télécommunication, coûts de maintenance et de services associés aux  terminaux,  changement des terminaux dont le cycle de vie reste encore trop court si on le compare à un cycle d’amortissement traditionnel d’un matériel investi . Ces nouvelles dépenses  peuvent  devenir aussi importantes voire plus importantes que celles d’une flotte auto, il nous faut préparer le terrain pour ne pas les découvrir ou les subir, mais plutôt pouvoir les planifier et en gérer les usages non conformes ou exceptionnels.

Pour illustrer mes propos, un technicien KONE embarque  à l’heure actuelle dans son véhicule en moyenne 4 terminaux mobiles (dont un téléphone personnel) avec carte SIM soit 4 abonnements (sûrement bientôt 5 avec le véhicule connecté). Par ailleurs, les opérateurs de téléphonie mobile ont investi des millions d’euros pour faire évoluer leurs réseaux devenus saturés tant en capacité qu’en bande passante (4G,  4G+).

Le traditionnel TCO d’un parc auto ne peut  plus être le seul indicateur de  gestion d’un parc, il est déjà remplacé par le TCM (Coût Total de Mobilité), qui prendra en compte l’ensemble des coûts liés à la mobilité  dans l’entreprise. A titre d’exemple, si aucune attention particulière n’y est apportée, un coût mensuel de télécommunication mobile peut égaler voire dépasser celui d’un véhicule.

Merci pour votre temps Patrick et à bientôt !

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