Un véhicule identique, immatriculé à quelques semaines d’écart de part et d’autre du 1er janvier 2026, ne paie pas le même malus au poids. Le seuil de déclenchement est descendu de 1 600 à 1 500 kg, et toute l’échelle des tarifs a glissé avec lui. Barème applicable, exonérations, abattement réservé aux personnes morales, cas des véhicules électriques : voici ce qui s’applique en 2026 et ce que ça change à vos arbitrages de renouvellement.
En Bref
- Le malus au poids se paie une seule fois, à la première immatriculation en France.
- Seuil abaissé à 1 500 kg au 1er janvier 2026, contre 1 600 kg en 2025.
- Barème progressif par tranche, de 10 à 30 €/kg.
- Pour de nombreux véhicules compris entre 1,6 et 2 tonnes, la hausse atteint près de 50 %.
- Électriques et hydrogène : exonérés, sans condition d’éco-score.
- Hybrides rechargeables de plus de 50 km d’autonomie en mode tout électrique en ville : abattement de 200 kg.
- Véhicules de 8 places et plus détenus par une personne morale : abattement de 600 kg.
- Le montant cumulé ne peut excéder le montant maximal du malus CO₂ : 80 000 €.
- C’est la date d’immatriculation qui fixe le barème, pas la date de commande.
Malus au poids en mode tout électrique : ce qu'il taxe et quand il se paie
Son nom officiel est taxe sur la masse en ordre de marche (TMOM). Elle est définie aux articles L. 421-71 à L. 421-81 du code des impositions sur les biens et services.
C’est une taxe due une seule fois, à la première immatriculation du véhicule en France en tant que véhicule de tourisme. Elle n’a rien à voir avec les taxes annuelles sur l’affectation des véhicules de tourisme, celles qui ont remplacé l’ancienne TVS. Un véhicule d’occasion déjà immatriculé en France ne déclenche aucun nouveau malus lors d’un changement de propriétaire.
La base de calcul est la masse en ordre de marche, indiquée case G de la carte grise. Elle comprend le véhicule à vide, le carburant avec les réservoirs remplis à au moins 90 %, les liquides, l’équipement de série, la roue de secours et un conducteur forfaitaire de 75 kg.
Le fait générateur est la date d’immatriculation, et non la date de commande ou d’achat. Ce point décide du barème applicable et coûte cher aux flottes. Il est développé plus bas.
Barème 2026 et méthode de calcul
Le calcul fonctionne par tranches.
Fraction de la masse en ordre de marche | Tarif marginal |
Jusqu’à 1 499 kg | 0 € |
De 1 500 à 1 699 kg | 10 €/kg |
De 1 700 à 1 799 kg | 15 €/kg |
De 1 800 à 1 899 kg | 20 €/kg |
De 1 900 à 1 999 kg | 25 €/kg |
À partir de 2 000 kg | 30 €/kg |
Le taux applicable dépend de la tranche, pas de la masse totale du véhicule : chaque fraction est taxée à son propre taux.
Exemple : véhicule de 1 950 kg immatriculé en 2026
Tranche | Calcul | Montant |
1 500 à 1 699 kg | 200 kg × 10 € | 2 000 € |
1 700 à 1 799 kg | 100 kg × 15 € | 1 500 € |
1 800 à 1 899 kg | 100 kg × 20 € | 2 000 € |
1 900 à 1 950 kg | 51 kg × 25 € | 1 275 € |
Total | 6 775 € |
Le montant cumulé du malus au poids et du malus écologique, la taxe assise sur les émissions de CO2, est plafonné au maximum du barème écologique, soit 80 000 € en 2026. Si le malus écologique atteint déjà ce plafond à lui seul, le malus au poids ne s’applique pas.
Le simulateur officiel permet de vérifier un cas précis.
Ce qui a changé au 1er janvier 2026
Le durcissement porte sur deux paramètres à la fois, et c’est ce qui explique l’ampleur de la hausse. Le seuil est descendu de 1 600 à 1 500 kg, mais toute l’échelle des tarifs a aussi glissé de 100 kg vers le bas : le tarif de 20 €/kg s’applique désormais dès 1 800 kg, alors qu’il ne se déclenchait qu’à 1 900 kg en 2025.
Sur le même véhicule de 1 950 kg :
Année | Montant |
2025 | 4 520 € |
2026 | 6 775 € |
Soit une hausse de 50 % à véhicule identique. Barèmes 2025 et 2026 appliqués à une masse de 1 950 kg.
Quels véhicules sont concernés
Le malus au poids vise les véhicules de tourisme, identifiables à la case J de la carte grise :
- les véhicules de catégorie M1 de genre voiture particulière (VP), ce qui couvre berlines, breaks, monospaces et SUV ;
- les véhicules de catégorie N1 de genre camionnette (CTTE) et de carrosserie pick-up (BE), s’ils comportent au moins 5 places assises et ont été immatriculés pour la première fois le 1er juillet 2019 ou après ;
- les véhicules de catégorie N1 classés hors route (N1G), de genre camionnette et de carrosserie camion (BA), s’ils comportent au moins 5 places assises et sont immatriculés pour la première fois le 1er janvier 2026 ou après.
Cette troisième ligne est une nouveauté de 2026. Elle fait entrer dans le champ de la taxe des véhicules 4×4 à double cabine utilisés sur chantier, qui en étaient exclus jusqu’ici. Si votre parc en compte, la catégorie exacte du véhicule devient un paramètre d’achat.
Une camionnette transformée en véhicule de tourisme devient taxable à l’immatriculation qui suit la transformation, avec une décote liée à l’ancienneté.
Exonérations et abattements
Véhicules électriques et hydrogène
Un véhicule dont la source d’énergie est exclusivement l’électricité est exonéré de la taxe, quel que soit son poids et sans condition d’éco-score. Même traitement pour l’hydrogène.
La loi de finances pour 2025 avait prévu de soumettre au malus au poids, à compter du 1er juillet 2026, les électriques n’atteignant pas un score environnemental minimal, avec un abattement forfaitaire de 600 kg. Cette disposition a été abrogée avant son entrée en vigueur par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026. L’exonération reste donc entière sur toute l’année.
Aucun texte ne fixe de nouvelle date. Le sujet peut revenir dans les débats du budget 2027.
Conseil Winflotte
Ne construisez pas un plan de renouvellement pluriannuel sur l’hypothèse que l’exonération est acquise. Elle a déjà été inscrite dans la loi une fois, puis retirée. Pour les grands SUV électriques de plus de 2 100 kg, c’est le scénario à garder dans vos arbitrages.
Abattements selon la motorisation
Motorisation | Abattement sur la masse |
Hybride rechargeable, autonomie en mode tout électrique en ville supérieure à 50 km | 200 kg, dans la limite de 15 % de la masse |
Hybride non rechargeable (moteurs électriques ≥ 30 kW) | 100 kg |
Véhicules à motorisation électrique non rechargeable
(moteurs électriques < 30 kW) | 100 kg |
L’abattement s’applique avant le barème, ce qui peut faire passer un véhicule sous le seuil ou le faire changer de tranche. À masse en ordre de marche identique de 1 899 kg :
Motorisation | Masse retenue | Malus au poids |
Thermique | 1 899 kg | 5 500 € |
Hybride rechargeable, 60 km d’autonomie en mode tout électrique, en ville | 1 699 kg | 2 000 € |
Calculs établis à partir du barème 2026 ci-dessus.
L’abattement de 100 kg des micro-hybrides prend fin au 1er janvier 2027.
L’abattement de 600 kg des personnes morales
Les véhicules comportant au moins 8 places assises et détenus par une personne morale bénéficient d’une réduction de masse. Elle est passée de 500 à 600 kg pour les véhicules immatriculés à partir du 1er janvier 2026.
C’est le seul avantage du dispositif réservé aux entreprises, et il est substantiel : un minibus de 2 050 kg voit sa masse retenue ramenée à 1 450 kg, sous le seuil de déclenchement. Il ne paie rien.
Cet abattement n’est pas cumulable avec celui des familles nombreuses.
Sont par ailleurs exonérés les véhicules accessibles en fauteuil roulant et ceux acquis par une personne titulaire d’une carte mobilité inclusion portant la mention invalidité, y compris en location longue durée. L’ensemble des règles figure sur la fiche Service-Public dédiée à la TMOM.
Véhicules d'occasion et importations
Un véhicule d’occasion déjà immatriculé en France ne génère aucun malus au poids lors de sa revente. La taxe est due une fois, à la première immatriculation.
En revanche, un véhicule d’occasion importé de l’étranger est taxé lors de sa première immatriculation en France. Le montant est réduit par un coefficient de décote lié à l’ancienneté du véhicule depuis sa première immatriculation à l’étranger : 20 % après deux ans, 38 % après cinq ans, 64 % après dix ans. Un véhicule dont la première immatriculation est antérieure au 1er janvier 2015 n’est pas taxé.
Le barème retenu est celui de l’année de première immatriculation à l’étranger, pas celui de l’année d’import.
Ce que le malus au poids change pour votre flotte
Le barème applicable est celui de la date d’immatriculation. Pas celui de la commande, pas celui du bon de commande signé, pas celui du devis du loueur. Sur des délais de livraison de plusieurs mois, un véhicule commandé en novembre 2025 et immatriculé en février 2026 bascule sur le barème 2026, avec l’écart chiffré plus haut. Sur une commande groupée, la somme n’est pas toujours identifiée comme une ligne distincte du coût global.
Ce montant est un coût d’acquisition. Il s’intègre au TCO du véhicule et pèse sur toute la durée de détention et se répercute indirectement dans le coût de location
Deuxième point : les options. Un toit panoramique, des jantes de 20 pouces ou une transmission intégrale ajoutent chacun quelques dizaines de kilos à la masse en ordre de marche. Avec des tranches de 100 kg et des tarifs marginaux qui montent, un équipement peut faire basculer un véhicule dans la tranche supérieure. C’est au moment du choix du modèle et de ses options que le malus se décide, pas à la livraison.
Astuce Winflotte
Le module Commandes et Place de marché de Winflotte 11 dématérialise le processus avec vos loueurs : pré-commandes, catalogue électronique envoyé au conducteur, demandes de devis, analyse des offres et passation sur devis validé. Les options et équipements retenus sont tracés dans la commande. C’est là qu’un arbitrage de 30 kg se joue, avant que le bon de commande ne parte.
Une fois le véhicule dans le parc, le malus rejoint les autres coûts d’acquisition et se retrouve dans le TCO par immatriculation. C’est ce qui permet de comparer, à l’échelle du parc, le coût réel d’un thermique lourd face à un électrique exonéré, fiscalité comprise.
Enfin, ces seuils sont votre argument d’électrification le plus lisible. Un thermique lourd paie le barème complet à l’immatriculation, un électrique ne paie rien, quel que soit son poids. À cela s’ajoutent l’exonération de malus écologique et les règles favorables sur l’avantage en nature. C’est ce que votre car policy devrait traduire en catégories de véhicules autorisées.
Le malus au poids n’est qu’un des postes fiscaux qui pèsent sur un renouvellement. Malus CO2, taxes annuelles sur les émissions, amortissements non déductibles, avantages en nature, TVA sur les énergies : chacun modifie le coût réel du véhicule.
Les experts Winflotte ont réuni l’essentiel dans un guide dédié à la fiscalité du véhicule d’entreprise en 2026.
FAQ - Ce qu'il faut s'avoir
Quel est le seuil du malus au poids en 2026 ?
1 500 kg de masse en ordre de marche, contre 1 600 kg en 2025. La masse figure case G de la carte grise.
Par tranches, sur la fraction de masse dépassant 1 500 kg : 10 €/kg jusqu’à 1 699 kg, 15 € jusqu’à 1 799 kg, 20 € jusqu’à 1 899 kg, 25 € jusqu’à 1 999 kg, 30 € au-delà. Le barème détaillé et un exemple chiffré figurent plus haut.
Les véhicules électriques sont-ils soumis au malus au poids ?
Non. Les véhicules 100 % électriques et à hydrogène sont exonérés, quel que soit leur poids et sans condition d’éco-score. La mesure qui devait les taxer au 1er juillet 2026 a été abrogée par la loi de finances pour 2026 avant son entrée en vigueur.
Le malus au poids est-il annuel ?
Non. Il se paie une seule fois, à la première immatriculation du véhicule en France. À ne pas confondre avec les taxes annuelles sur l’affectation des véhicules de tourisme, qui ont remplacé la TVS.
Quel abattement pour un véhicule d'entreprise ?
600 kg de réduction sur la masse pour les véhicules d’au moins 8 places assises détenus par une personne morale, immatriculés à partir du 1er janvier 2026. Contre 500 kg auparavant.
Comment calculer le malus au poids ?