En bref : équivalent salaire et voiture de fonction
- Une voiture de fonction est un avantage en nature : sa valeur est ajoutée au salaire brut et soumise à cotisations sociales et impôt sur le revenu.
- Deux méthodes de calcul existent : forfaitaire (% du prix d’achat) ou dépenses réelles (coût global annuel × part d’usage privé).
- Depuis le 1ᵉʳ février 2025, le forfait est passé de 9 % à 15 % pour un véhicule thermique de moins de 5 ans, jusqu’à 20 % avec carburant pris en charge.
- Les véhicules électriques bénéficient d’un abattement de 70 % sur le forfait (plafond 4 641,60 €/an jusqu’au 31 décembre 2027).
- Selon le modèle et l’usage, l’équivalent salarial net pour le collaborateur va de 150 à plus de 500 € par mois.
L’attribution d’un véhicule de fonction ou statutaire constitue un avantage en nature de fait. Mais il correspond aussi à une diminution de salaire immédiate pour le conducteur.
En effet, l’avantage en nature impose deux prélèvements supplémentaires : les charges sociales salariales et l’impôt sur le revenu.
Mais le salarié bénéficie de deux gains. D’abord, les charges sociales déclenchées par l’avantage en nature lui permettent d’acheter des droits à la retraite supplémentaires. Ensuite, l’utilisation privative du véhicule de société lui évite de devoir financer un véhicule personnel.
Le gain global offert au salarié est donc égal à la somme de ces deux gains, diminuée de la perte de revenu immédiat. L’équivalent en salaire du véhicule de fonction devient le salaire brut permettant de générer le même gain global.
Il est important de comprendre dans quel cadre une voiture de fonction peut s’attribuer afin de mesurer son avantage salarial.
Pour quelle activité professionnelle ?
Souvent, la nécessité d’utiliser une voiture s’impose selon l’activité du salarié. Cela ne dispense pas l’entreprise d’établir des règles claires quant à l’attribution d’un véhicule. Effectivement, en se posant quelques questions : à partir de quel kilométrage ? sur quelle période ? pour quelle utilisation ? … Elle validera ainsi l’opportunité de confier un véhicule sans systématiser la démarche. Ces règles sont généralement formalisées dans une car policy, document de référence interne à l’entreprise.
Les besoins en déplacement peuvent-ils être satisfaits par d'autres moyens ?
Sans aucun doute, l’utilisation du parc automobile rentre dans le cadre du plan de Mobilité. Certes, c’est un de ces éléments, mais il conditionne souvent les autres moyens à mettre en œuvre. Si vous avez un commercial qui effectue de grands déplacements à chaque mission, il est plus opportun qu’il utilise le train ou l’avion avec une voiture de location ou un taxi pour les derniers kilomètres. À travers cet exemple, non seulement, l’entreprise maîtrise mieux ses frais et elle permet à son salarié d’être plus serein et plus performant à son rendez-vous. À partir du moment où les sociétés cherchent à s’affranchir de la voiture, elles imaginent des solutions parfois plus efficientes.
Comment calcule-t-on l'équivalent en salaire d'une voiture de fonction ?
L’URSSAF encadre l’évaluation de l’avantage en nature véhicule selon deux méthodes au choix de l’employeur. Le mode retenu détermine directement la valeur ajoutée au salaire brut et donc le montant des cotisations sociales et de l’impôt prélevés.
La méthode forfaitaire
Elle consiste à appliquer un pourcentage sur le prix d’achat TTC (ou le coût global annuel pour un véhicule en location). Depuis le 1ᵉʳ février 2025, l’arrêté du 25 février 2025 a relevé les taux pour les véhicules thermiques :
- Véhicule acheté de moins de 5 ans : 15 % du prix d’achat TTC (20 % si l’employeur prend en charge le carburant).
- Véhicule acheté de plus de 5 ans : 10 % du prix d’achat TTC (15 % avec carburant).
- Véhicule loué : 50 % du coût global annuel (loyer + assurance + entretien), 67 % avec carburant.
Les véhicules attribués avant le 1ᵉʳ février 2025 restent soumis à l’ancien barème (9 % et 12 %).
La méthode des dépenses réelles
Plus précise mais plus exigeante en suivi, elle repose sur la formule suivante :
Avantage = coût global annuel du véhicule × (kilomètres parcourus à titre personnel ÷ kilomètres totaux) + carburant utilisé pour l’usage privé.
Le coût global comprend l’amortissement, l’assurance, l’entretien et, le cas échéant, le carburant. L’employeur doit pouvoir justifier le nombre de kilomètres privés effectués par le collaborateur, à défaut l’URSSAF retient automatiquement le forfait.
Le cas particulier des véhicules électriques
Pour encourager la transition énergétique, l’arrêté du 25 février 2025 prolonge un dispositif avantageux : un abattement de 70 % sur l’évaluation forfaitaire (plafonné à 4 641,60 € par an, jusqu’au 31 décembre 2027). Les frais d’électricité fournis par l’employeur restent neutres dans le calcul. Pour bien évaluer le différentiel, lisez notre dossier dédié au calcul de l’avantage en nature d’un véhicule.
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Une gratification salariale serait-elle plus avantageuse qu'un véhicule de fonction ?
Si nous considérons qu’un véhicule coûte en moyenne 10 000 € / an tout compris, l’entreprise dispose d’une latitude pour décider de confier ou non un véhicule à un salarié.
Dans le cas où la mission du collaborateur ne nécessite pas obligatoirement une voiture, ne vaut-il pas mieux augmenter son salaire ?
Cette question mérite d’être posée car longtemps les directions des ressources humaines ont pensé que le coût fiscal moins fort favorisait l’attribution d’un véhicule. Or nous voyons bien aujourd’hui que cette perception est mise à mal par les évolutions de la mobilité. De plus en plus, le coût des flottes augmente inexorablement. Ce phénomène récurrent et difficile à maîtriser risque de s’accélérer en raison de la complexification de la gestion des problématiques liées à la voiture de fonction :
- Contraintes fiscales et réglementaires (WLTP, ZFE, bonus-malus, malus au poids, etc…),
- Apparition de l’électromobilité (Coût des véhicules, audit et installations des infrastructures),
- Coût substantiel du passage à l’électrification pour les constructeurs automobiles,
- Augmentation du coût des assurances (impact du coût des catastrophes naturelles),
- …
Enfin, les nouvelles générations de salariés ne sont plus attirées par les voitures de fonction. Le vélo de fonction par exemple constitue aujourd’hui un élément différenciant pour attirer les talents…
Pour piloter ce type d’arbitrage dans la durée, suivre le TCO de chaque véhicule et croiser ces données avec votre politique RH, un logiciel de gestion de flotte automobile centralise toutes les informations nécessaires à la décision.
FAQ - Questions fréquentes
Quel est l'équivalent en salaire d'une voiture de fonction ?
L’équivalent salarial correspond à la valeur de l’avantage en nature ajoutée au salaire brut. En pratique, il représente entre 150 et 500 € net par mois selon le modèle, l’ancienneté et la prise en charge du carburant.
L’employeur choisit entre la méthode forfaitaire (15 % à 20 % du prix d’achat pour un véhicule thermique neuf depuis le 1ᵉʳ février 2025) et la méthode des dépenses réelles (coût global annuel rapporté à la part d’usage privé).
Vaut-il mieux une augmentation de salaire ou une voiture de fonction ?
Tout dépend du profil. Pour un poste où la voiture n’est pas indispensable, une augmentation peut être plus attractive et moins coûteuse pour l’entreprise. Pour un collaborateur effectuant beaucoup de kilomètres, le véhicule reste un argument fort et permet d’éviter le financement d’une voiture personnelle.
Les véhicules électriques bénéficient-ils d'un régime particulier ?
Oui. Jusqu’au 31 décembre 2027, l’avantage en nature d’un véhicule 100 % électrique bénéficie d’un abattement de 70 %, plafonné à 4 641,60 € par an. Les frais d’électricité pris en charge par l’employeur ne sont pas intégrés dans l’assiette.
La voiture de fonction est-elle obligatoirement déclarée sur la fiche de paie ?
Oui. La valeur de l’avantage en nature doit être réintégrée chaque mois dans le brut, soumise à cotisations sociales et impôt sur le revenu. L’oubli expose l’employeur à un redressement URSSAF.
Comment se calcule l'avantage en nature d'un véhicule en 2026 ?